Salutations visiteur !

Hellow !

Je vais faire une petite présentation avant de commencer ce blog qui sera consacré à mon roman commencé depuis déjà quelques temps. Je ne vais pas raconter ma vie ici et d'ailleurs par souci d'éviter les commentaires désagréables, je ne dévoilerai aucune information personnelle me concernant directement.

Pourquoi Kaylène ? Tout simplement parce qu'il s'agit d'un pseudonyme de mon invention que j'aime tout particulièrement.
Les prénoms de mes personnages ont tous un rapport avec des personnes qui me sont plus ou moins proches mais en aucune façon, je ne me suis inspirée d'eux pour créer la vie de ces personnages fictifs.

Au fur et à mesure de l'avancée de mes écrits, j'utiliserai une personne réelle (chanteur, chanteuse, acteur, actrice ou autre...) afin de donner un visage aux protagonistes de l'histoire.

N'hésitez pas à commenter chaque chapitre avec les points positifs et négatifs sans oublier votre avis global sur celui-ci mais sans tomber dans la bassesse de l'insulte néanmoins.

Bien sur, tout texte portant la mention ©Kaylène en bas de page signifie qu'il est sous copyright et donc au moindre petit bout de texte m'appartenant se trouvant sur un blog, site ou autre sans lien et m'avoir demandée mon accord, je n'hésiterai absolument pas à avoiir recours à la justice.

Je vous quitte donc sur ces quelques mots et bonne lecture.

Kaylène.
Salutations visiteur !
# Posté le mardi 28 août 2007 12:47

Prologue

Paris, 5 Août 1914...

La grosse locomotive noire, au coup de sifflet, commence à tirer ses wagons bondés, pleins de cris, de promesses, de chansons et de fleurs...

Depuis trois mois, à l'appel du Président de la République, Raymond Poincaré et de René Viviani, son président du Conseil, des millions d'hommes quittent leurs champs – en pleine récolte ! -, leurs usines, leurs ateliers, leurs boutiques et leurs bureaux pour s'entasser dans des centaines de trains qui les emportent vers les frontières. Ils ne remarquent même pas que ce sont souvent des trains de marchandises vaguement aménagés ou simplement garnis de paille : ce sont leurs voitures et ils en ont pris possession en écrivant sur les parois extérieures et en grandes lettres blanches leurs défis et leurs espoirs. « A Berlin ! » ou « On les aura ! »... Sans imaginer un seul instant que de l'autre côté du Rhin, des wagons sur lesquels on a écrit « Nach Paris ! » ou « Gott mit uns ! » viennent à leur rencontre avec les mêmes certitudes.

Le convoi qui s'éloigne en ce moment de la gare de l'Est est composé de voitures de troisième classe ou se sont entassés des hommes venus de tous les horizons que l'uniforme nivelle. Dolmans noirs et pantalons garance, ils se ressemblent tous. Et pour l'instant cela les amuse, ces « réservistes » habillés de gros drap qui sent un peu la naphtaline. Cela les rajeunit et ils se sentent pleins de courage et de résolution. D'ailleurs, tout le monde sait bien que « ça ne durera pas ! »...

Dans un coin-fenêtre, un homme est assis bras croisés, le képi enfoncé sur les yeux. Il est le seul à porter son uniforme avec aisance. Peut-être parce que depuis des années il vit sous un costume pas tellement différent. Il s'appelle Julien Sark et, hier encore, il était « conducteur » de sleepings à bord des grands trains de luxe qui sillonnaient la France : le Méditerranée-Express d'abord, puis le Calais-Méditerranée.

Il a plus de quarante ans et il aurait pu rester dans les chemins de fer, s'y « planquer », comme on dit, mais il a voulut partir avec les autres, par patriotisme d'abord mais aussi par un désenchantement dont ce wagon minable est le symbole. Ici, pas de teck blond, pas d'acajou ni de moquettes épaisses, pas de velours frappé mais des banquettes de bois blanc dont le vernis s'écaille. Son monde, à lui, était fait d'hommes élégants et surtout de femmes parées de ces riens qui les font inimitables, et ce monde vient de s'endormir – peut-être pour longtemps ! – emportant avec lui les fourrures rares, les tissus soyeux, les plumes précieuses et les parfums sortis des sublimes laboratoires des Messieurs Guerlain, Piver, Coty et autres. Jusqu'à l'odeur du tabac qui a changé ! Le Havane ou le Lattaquié ont fait place au « gros cul » dont on bourre sa pipe où que l'on roule entre ses doigts...

C'est sans importance au fond, car ils sont bien sympathiques ces hommes qui entourent Julien Sark ! Chaleureux et gais comme s'ils roulaient en « train de plaisir » et non vers un destin incertain qui, pour certains, sera tragique. Mais la mort, ils n'y pensant même pas, peut-être parce que c'était si beau, tout à l'heure, dans la cour de la gare, cette foule de parents, d'amis, et même d'inconnus qui les pressait, les chérissait et leur criait son amour avec son espérance. Beaucoup de femmes, bien sûr ! Elles étaient vêtues de robes claires, distribuaient des baisers, et des fleurs, ces fleurs à présent mourantes à une boutonnière ou au canon des fusils.

Julien les a trouvées belles avec leurs yeux brillants de larmes retenues et leurs sourires tendres. L'une d'elles lui à même donné une rose, à lui que personne n'accompagnait, et elle l'a embrassée...Il aurait voulu les tenir toutes et leur dire que même les vieilles ou laides elles lui semblaient aussi belles que ces créatures de rêve qui, depuis une douzaine d'années, peuplaient sa vie quotidienne sans qu'aucune lui ait jamais dit : « je t'aime ». Elles passaient seulement et lui, durant quelques heures, veillait à leur confort, à leurs caprices, à leur sommeil. Parfois même à leur vie.

Il y en a eu une surtout, qu'il n'oubliera jamais parce qu'elle lui a donné, à lui et à son train bien-aimé, l'occasion de jouer le rôle du Destin dans des vies ou ils n'avaient pas grand-chose à y faire. A première vue tout au moins. Autour s'elle il y avait des hommes mais particulièrement un que Julien admire et qu'il aime bien parce qu'il n'est pas comme les autres et parce qu'il a, sans le vouloir, pu agir sur cette existence féminine.

Le silence, petit à petit, s'est installé dans le compartiment. Les hommes rêvent, ou dorment, à moins qu'ils ne fassent les deux à la fois. Julien Sark ferme les yeux lui aussi et se laisse bercer par la cadence familière des bogies. Il sait bien qu'il ne dormira pas car, à son poste au bout du long couloir d'acajou, il ne s'est jamais assoupi. Simplement, il va laisser venir à lui ses souvenirs et surtout cette femme qui lui est restée chère.

Elle s'appelait Audrey...


©Kaylène

Julien Sark = Richard Dean Anderson
Prologue
# Posté le mercredi 29 août 2007 19:27
Modifié le mercredi 29 août 2007 19:39